Encadrement de la pêche de loisir
Publié il y a 32 mois par Ronan Nedelec , Côtes-d'Armor (22) dans Pêche .
Parmi le rapport et les contributions issues des discussions bilatérales plusieurs propositions retiennent mon attention...
La pêche de loisir comporte de nombreux adeptes et a un impact économique très sous estimé... Néanmoins, son effet sur l'environnement n'est pas nul, les ressources halieutiques se raréfient, et il est nécessaire d'encadrer ce loisir afin d'éviter des abus...
De nouvelles mesure doivent donc être adoptées... Pour cela il faut qu'elles soient comprises et acceptée par les principaux concernés...
Le permis de pêche :
La pêche récréative est pratiquée par de nombreux citoyens... Ce loisir est principalement pratiquée de manière occasionnelle... Ces pratiquants pêchent lors de leurs vacances ou de temps en temps, lors des beaux jours ou profitant de la venue d'amis ou de famille pour pratiquer ce loisir. Ces personnes ont l'occasion, à travers ce loisir de découvrir une facette de l'écosystème marin difficile à observer en temps que promeneur.
De part leur nombre, ces pratiquants ont un impact économique élevé, achetant du matériel sans réaliser de prélèvements important... Leur demander de prendre un permis de pêche ajouterais une barrière qui les dissuaderais de pratiquer ce loisir... Il se priveraient donc de cette porte vers la découverte du milieu aquatique marin et priveraient l'économie locale de cette apport.
L'ajout d'un permis de pêche freinerais les pratiquants occasionnels mais pas les pêcheurs assidus. Ceux-ci continuerons à pratiquer leur loisir et ne modifieraient pas leurs pratiques... Il peut être envisagé de viser ces pratiquants en ne prenant en compte que la pêche en bateau... Néanmoins, de nombreux pêcheurs occasionnels apprécient pratiquer ce loisir dans les embarcations d'amis, ce qui leur permet souvent de découvrir la mer sous un autre angle... Il est important de ne pas brider cette pratique... On ne peut donc pas envisager de permis de pêche individuels...
On en arrive à la seule solution qui permettrait de ne concerner que ces pêcheurs réguliers : mettre en place une autorisation de pêche par navire... Mais pour être efficace, celle ci doit être acceptée et donc considérée comme juste par les pratiquants. Elle pourrait être gratuite, cette demande d'autorisation engageant le skipper à prendre connaissances des réglementations. Il peut également être envisagé d'obliger chaque skipper à embarquer un résumé de la réglementation de la pêche de loisir, afin de s'assurer que celle ci soit connue d'eux.
Cette mesure serait accepté car non considérée comme injuste. Rendre le permis de pêche payant est délicat car cela serait difficilement accepté puisque considéré comme une taxe injuste.
Afin qu'il puisse être accepté il faudrait qu'il soit justifié et qu'il permette à ces pratiquants d'être représentés. Il serait important que cet argent soit utilisé dans un but de protection de la mer, d'ajout de facilitées pour les pêcheurs (cales de mises à l'eau par exemple), de communications et non uniquement de répression/contrôles. Il serait surtout important que les pêcheurs aient la possibilité de participer au choix des utilisations de cet argent. Cela me semble bien difficile à mettre en œuvre.
La « table familiale »
Un très faible pourcentage de pêcheurs ont un impact sur l'environnement bien plus important que tous les autres. Certains pêcheurs réguliers réalise des prélèvements très important, soit dans le but de les vendre (interdit mais souvent difficile à prouver) ou de les donner. C'est ces pêcheurs qu'il faut viser en priorité. Comme pour l'ormaux ou la coquille Saint-Jacques il est important de limiter les prélèvements journaliers afin de protéger la ressource et rendre plus difficile la revente.
Comme pour toute mesure, il faut qu'elle soit acceptée pour être efficace. Il faut également qu'elle soit simple à contrôler. La solution la plus simple est donc de limiter le nombre de poissons prelevables. Pour quelle soit accepté il faut qu'elle permette de réaliser un bon repas, sans tout de même autoriser les débarquements de centaines de maquereaux ou de dizaines de bars...
Il faut donc différencier les espèces de petites tailles des autres. Pour cela le plus simple est de considérer les poissons dont la taille légale de capture est supérieure ou égale à 30 cm comme grandes espèces.
La quantité la plus juste serait de permettre de limiter à 15 les poissons prélevables dont 4 de grandes espèces. De plus cette mesure encouragerais les pêcheur à ne prélever que les plus grandes prises et donc les ferait augmenter naturellement les tailles des prises conservées au dessus de celles légales de capture... Une dérogation pourrait être apportée pour les poisons appâts, limités, par exemple, à 30 par pêcheurs.
Il est important de ne pas spécifier une limite par espéce, car cette limitte serait trop compliquée à mettre en oeuvre, ni par poids car cela est difficillement mesurable en mer.
La mesure préconisée par le rapport est une bonne mesure, si elle est mise en place correctement...
Les interdictions de pêche :
Offrir des zones de tranquillité aux écosystèmes est une mesure efficace si elle est bien mise en place. Il faut qu'elles soit justifiés, et acceptées par tous. Il faut donc qu'elles correspondent à des zones et périodes de reproduction, ou des lieux sensibles et qu'elles soient valables pour les professionnels comme pour les amateurs. Il est primordial de les mettre en place rapidement. Pour qu'elles soit acceptées il faut quelle permettent tout de même la pratique de ce loisir à tout riverain de la mer. Il faut donc qu'elles soient de dimensions suffisamment réduites géographiquement pour les réserves permanentes ou limitées aux quelques mois de reproduction des espèces sensibles.
Ce grenelle est porteur d'espoirs, je regrette tout de même l'absence de représentants de la pêche amateur, comme pourraient l'être les associations « collectif bar européen » (http://sosbar.free.fr ) ou la FNPPSF, Fédération nationale des pêcheurs plaisanciers et sportifs de France .
12 réponses
L'idée n'est pas mauvaise , mais il faut aussi parler des pros qui pêchent très souvent sans compter car ils savent que même si la pêche n'est pas vendue ils en tireront un prix dit de retrait pour les indemniser .
Exemple plus de 140 tonnes de sardines par des bolincheurs en baie de Douarnenez !!!
2% disent les amateurs, 50% estiment les professionnels... En fait, la réalité inclut les deux chiffres (bien qu'ils soient imprécis), le prélèvement des pêcheur amateur ne signifie que 2% des quantités totales, mais atteins 50% pour certaines espèces (Bar, lieu jaune, maquereaux...)
Ce n'est pas car certains professionels scient la branche sur lequel ils sont assit que les pêcheurs amateurs doivent suivre le même chemin...
Bien que moins important que la pêche pro, la pêche amateur a un effet non négligeable sur certaines espèces... Il convient alors de limiter les abus...
Que pensez-vous des professionnels qui pillent les frayères à bars au moment de la reproduction et qui inondent le marché qui évidemment s'écroule et ces poissons sont transformé en farine utilisée dans les élevages marins?
Pour quelque permis de pêcher que ce soit je suis contre. Pour un contrôle actif des prélèvements je suis pour, mais les moyens d'aujourd'hui sont insuffisants et inefficaces. Pour les tailles les AFMAR ont édité espèce par espèces un document quasi exhaustif , encore fallait-il le savoir.
Si une réflexion sur les quotas doit être engagée, il serait dans ce cas bon que chacun balaie devant sa porte. Cependant, cette idée est cohérente si:
- Ce quota se présente comme un prélèvement maximum autorisé (PMA), sorte de garde fou en cas d'extrême abondance de la ressource.
suite
- Ce PMA ne frise pas le ridicule, décourageant et tuant ainsi la Passion de la pêche
- Il est mis en place par espèce, afin de le mettre en adéquation avec la dynamique de population de chaque espèce, et le rendre ainsi plus souple.
rappelons à toutes fins utiles qu'un poisson pêché par un plaisancier ne fini aussi que très rarement à la poubelle comme invendu...
FNPPSF,
Elle compte seulement 20 000 adhérents sur 2,5 millions de pêcheurs je pense qu'il faudrait contacter toutes les associations de plaisanciers et de pêche de loisirs pour qu'ils adhèrent de façon à s'unir.
Car les projets à venir menacent l'existence même de ce loisir.
D'accord avec Chail : le but final est de nous empêcher d'accéder à la mer. Oui à des limites de prises assez larges, oui aux mailles et non au permis payant.
Encore des interdictions, des lois et surtout du flouze, du pognon, du blé. Un permis payant n'empêchera pas les abus!!!
Certains ne travailleraient-ils pas au projet dans les Ministères en lançant ici le débat histoire de le voir imposé comme une décision du Grenelle (méthode classique)





J'aimerais apporter quelques remarques aux idées de M. NEDELEC sur l'impact d'un éventuel permis de pêche. Le prélèvement des pêcheurs plaisanciers est aujourd'hui estimé à 2% ce qui est infime au regard de ce que crée comme activité le nautisme et la pêche plaisance.