Le patrimoine maritime ne se limite pas aux bateaux
Publié il y a 35 mois par Patmar , Var (83) dans Patrimoine maritime .
On parle toujours des bateaux, ils sont maintenant labellisés Bip grâce au travail de nombreux passionnés et à la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial. Ces bateaux sont souvent vus, non pas comme des témoignages des métiers de la mer ou des fleuves mais comme des objets, de beaux objets qui perdent leur sens.
A quoi bon sauvegarder des bateaux de pêches spécifiques si on ne sauvegarde pas certains sites emblématiques et si on ne peut expliquer l'utilisation de ces bateaux. Nous ne pouvons envisager notre travail de sauvegarde de bateaux de pêche sans être en contact permanent avec les pêcheurs, apprendre le passé, comprendre les problèmes du présent et réfléchir à l'avenir.
Le bateau attire le regard, il interroge sur un métier. Si on se limite à faire des rassemblements, à les grouper dans un port, on réalise de magnifiques spectacles mais on passe à côté du patrimoine maritime en ne les reliant pas à leurs histoires qui sont, ne l'oublions pas, des histoires d'hommes et de territoires.
Depuis 16 ans j'ai participé à tous les rassemblements possibles en France et à l'étranger, depuis 16 ans je me bats pour pouvoir présenter de façon permanente le travail des hommes à bord de ces bateaux et les aménagements des littoraux liés à ces activités (havres, ports abris, bourdigues, madragues...).
La réponse est toujours la même, faites des animations, venez tourner avec vos bateaux dès qu'il y a un événement en bord de mer. Il faut qu'on voit vos bateaux.
Lorsque on demande la possibilité de créer un espace dédié au patrimoine maritime, nous n'avons plus personne en face. Comme par hasard nous ne pouvons jamais renconter la personne qui pourrait faire avancer le dossier. C'est une décision politique nous dit-on et personne ne semble pouvoir poser la question au décideur (au singulier car on s'aperçoit que c'est une seule personne qui prend de telles décisions et cette personne, très peu de gens peuvent l'approcher).
Alors oui, battons nous pour que nos bateaux, bien mis en valeur dans les espaces portuaires, servent de déclencheurs pour amener habitants, visiteurs et touristes à s'intéresser aux cultures maritimes si riches le long de nos côtes. Réclamons des espaces sur les littoraux de Méditerranée pour présenter cette culture maritime liée à nos bateaux de travail. En Bretagne ce travail a été mené et doit se poursuivre car le patrimoine maritime n'est pas passéiste, il fait le lien entre le passé le présent et le futur.
On me dit souvent que les rassemblements sont les vitrines du patrimoine maritime, sauf qu'en Méditerranée nous multiplions les vitrines sans rien avoir derrière. Les bateaux, les fêtes deviennent une finalité et on oublie pourquoi on a sauvé et restauré ces bateaux, témoins de pages d'histoires maritimes essentielles si on veut comprendre l'évolution de nos littoraux et si on veut envisager un développement durable de ces mêmes littoraux.
3 réponses
La construction d’un Centre d’Etudes, de Recherches et de Formation en Archéologie Sous-marine, répondrait aux différents points qui ont été évoqués dans les ateliers. Le manque d’intérêt des Guadeloupéens pour les activités aquatiques, le manque de structure de formation, des échanges insuffisan
insuffisants avec nos voisins Caraïbéens et une méconnaissance de notre patrimoine maritime, donnent un sens à ce projet. La cartographie du patrimoine sous-marin Guadeloupéen, est d’ailleurs une priorité pour notre activité, et pour la mémoire collective.





je suis tout à fait d'accord, c'est bien d'avoir le bateau... c'est mieux d'en montrer le contexte de son histoire...hélas les intérêts polithiques sont rarement les notres...